Et pourtant la tentation est grande. Avec les évènements qui secouent la planète, la croissance Française risque d'être faible en 2008. Hausse du prix du pétrole, crise immobilière et financière aux Etats-Unis, augmentation du prix du crédit par la BCE, taux de l'euro élevé par rapport aux autres monnaies, moral des ménages en berne, etc. Tous ces éléments pèseront sur la croissance à venir. Or une réduction de la croissance a pour conséquence immédiate une diminution des rentrées d'argent dans les caisses de l'Etat.
Le gouvernement est pri dans un étau. D'un côté, les rentrées d'argent risquent de diminuer, de l'autre le pacte européen empêche les Etats de creuser leur budget. En toute logique, le gouvernement pourrait passer par une augmentation des impôts.
Pourtant, la ministre déclare que les impôts n'augmenteront pas. Quel crédit apporter à ce propos ?

D'abord, un effet d'annonce. La ministre indique qu'elle conserve ses prévisions initales sur la croissance 2008 : 1,7 % au minimum. Peu d'observateurs y croit. C'est un message aux acteurs de l'économie : garder confiance, ne soyez pas frileux, tout va bien, surtout continuez d'investir. Si l'intention est louable, gageons que peu de gens seront dupes.
Ensuite, ce que l'on perd d'un côté, on le gagne de l'autre. La diminution des rentrées fiscales peut être compensé par l'augmentation du prix du pétrole et donc des taxes que touchent l'Etat. Néanmoins, face à la grogne générale, le gouvernement va devoir lâcher du lest. Déjà, les pêcheurs ont obtenus que l'excédent fiscal sur le gasoil leur soit reversé.
Enfin, la déclaration de Mme Lagarde a aussi une dimension politique. Peu importe ce que préconise le pacte européen : d'une part les Français sont déjà sous pression sur leur pouvoir d'achat, d'autre part le gouvernement a déjà du mal à gérer sa popularité : annoncer une augmentation des impôts serait politiquement un suicide.
La période est économiquement difficile. La ministre parviendra-t-elle à garder le cap ?
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