jeudi 21 août 2008

recession ou pas ?

Pour résumer le débat économique de la semaine dans la classe politique :
A gauche : "nous sommes en récession, il faut organiser un plan de relance et supprimer le paquet fiscal"
A droite : "nous ne sommes pas en récession, simplement dans le courant d'une croissance mondiale ralentie, le paquet fiscal marche, nous continuerons les réformes de fond"

On se demande cette fois si les socialistes croient à ce qu'ils disent. Il y a deux manières d'effectuer un plan de relance :
- par la politique monétaire, en abaissant les taux d'intérêts et en arrosant le marché de liquidités. Or la politique monétaire est du ressort de la Banque Centrale Européenne.
- par la politique budgétaire, en dépensant beaucoup d'argent pour soutenir l'activité intérieure du pays. Or l'un des objectifs du gouvernement est justement de réduire la dette, et de se tenir aux restrictions du pack économique européen. Cette solution n'est a priori pas possible non plus, à moins de vouloir sortir de la zone euro.
Les socialistes le savent, et l'ont déjà expérimenté lorsqu'ils étaient aux affaires. Déjà en 1981, moins d'un an après avoir initié un plan de relance, le gouvernement Mauroy avait effectué un virage à 180 degré. En effet, la mondialisation a rendu obsolète les plans de relance.

La droite a-t-elle donc complètement raison ? Le doute est encore permis. Tout d'abord sur l'impact des mesures du gouvernement sur la croissance. Le paquet fiscal a creusé fortement le budget de l'Etat diminuant d'autant toutes les marges de manoeuvre. Ensuite, un député de l'UMP a montré du doigt un des gros problème du gouvernement : les recettes et les dépenses sont séparées entre 2 ministères : Eric Woerth d'un côté, Christine Lagarde de l'autre. Or l'un doit tenter de réduire le budget de la nation, pendant que l'autre ministre reçoit toutes les doléances des autres membres du gouvernement : besoin de financement pour l'eco-bonus, besoin de financement pour calmer les pêcheurs puis les routiers mécontents, besoin de financement dans l'éducation, la culture...etc

Du coup, sans même avoir un plan de relance, le gouvernement risque tout de même d'en subir les conséquences néfastes.

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